Le Kakemphateur

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UNE SOURIS VERTE - Inconnu (XVIIe ou XVIIIe)

Les Prophéties de Nostradamus continuent de surprendre aujourd'hui encore. Et pourtant, il ne s'agit pas des seuls écrits de ce genre. Sous son air innocent, le texte d'Une souris verte composé au XVII-XVIIIe siècle a ainsi prophétisé la menace terroriste d'aujourd'hui. Cela a de quoi surprendre mais c'est en tout cas ce qui en ressort après analyse. Le texte est d'autant plus troublant qu'il demeure anonyme. Parmi toutes les versions disponibles, nous avons retenu la plus populaire. Mais il est tout à fait vraisemblable que chaque version possède ses propres prédictions. Face à un texte écrit il y a plus de deux siècles et qui s'avère d'actualité, Une Souris verte est-elle alors vraiment une comptine pour enfants ? 

Souris Terroriste.jpg

 Une souris verte n'est pas un animal si inoffensif que cela

 

Une souris verte 
Qui courait dans l’herbe.

 

La question posée en introduction est bien entendue rhétorique et l'analyse des deux premiers vers suffira pour vous en convaincre. La chanson ne consiste en effet qu'en une succession de symboles qu'il est nécessaire de déchiffrer pour en comprendre le sens global. Qu'est-ce qu' « une souris verte » (v.1) alors ? Rappelons que rat et souris se confondent dans la littérature. A titre d'exemple, Jean de La Fontaine emploie aussi bien le mot rat que souris pour désigner le même animal. Retenons simplement que le symbolisme de la souris (partagé avec le symbolisme du rat) est celui de nuisance. Une souris dans une maison est avant tout une nuisance. Le début du film Ratatouille le souligne bien (à défaut du film Stuart Little il est vrai).

 

Quoiqu'il en soit ce rongeur est vert. Le texte passe une nouvelle fois par le symbolisme pour délivrer son message. C'est le principe de tout écrit prophétique : être sibyllin. A quoi renvoie la couleur verte alors ? Il s'agit en fait de la couleur de l'Islam. Une souris verte est donc la métaphore des nuisances de l'Islam. Qu'est-ce qui nuit à l'Islam ? Le terrorisme, sujet actuel. Le terrorisme nuit à l'Islam en en donnant l'image la plus menaçante. En ce sens, la souris verte est donc un(e) terroriste.

 

Le thème posé, la première prédiction apparaît directement au vers suivant. Une souris verte qui « cour[t] dans l'herbe » souligne que c'est un animal furtif (elle « cour[t] ») et discret (il a été scientifiquement prouvé que l'on distingue mal du vert sur du vert, autrement dit une souris verte sur de l'herbe). La souris se confond donc littéralement avec le paysage. Si l'on peut affirmer qu'il s'agit ici d'une prophétie, c'est parce que cela renvoie à un fait récent. C'est une référence à l'islamiste français originaire de Normandie qui avait été repéré dans une vidéo de l’État islamique en novembre dernier. Le bougre, s'était, pour ainsi dire, fondu dans le paysage. Une souris verte l'avait prédit.


Je l’attrape par la queue, 
Je la montre à ces messieurs.

 

Il serait toutefois inexact de conclure que la souris verte représente ce personnage. Non, elle reste une image globale des nuisances terroristes en général. Cette nuisance donc, doit être attrapée « par la queue » puis montrer « à ces messieurs ». Qui est ce « je », qui sont ces « messieurs » ? Ce « je » implique en réalité chaque lecteur dans la lutte contre le terrorisme. Je, c'est moi, c'est le lecteur. « Je » doit attraper toutes les souris vertes qu'il trouve par la queue, c'est-à-dire dans la mesure où la souris lui tourne le dos et ne représente pas un danger pour lui-même. C'est la force d'Une souris verte d'introduire dans ses prophéties une certaine morale valable aujourd'hui encore, comme La Fontaine put le faire en son temps.

 

La « souris verte » prise au piège, il faut donc la montrer à ces messieurs. Ces messieurs sont probablement la métaphore des acteurs de la justice terrestre. Ce sont les juges. Il faut rendre justice aux yeux du prophète qui a écrit ce texte.


Ces messieurs me disent : 
Trempez là dans l’huile,

Trempez là dans l’eau, 

Ça fera un escargot tout chaud. 

 

Les directives justicières arrivent en effet rapidement (« ces messieurs me disent ») et l'emploi de l'impératif souligne la nécessité morale d'agir ainsi. Toutefois, le traitement infligé est curieux. La comptine semble prophétiser une justice quelque peu masochiste. L'instance conseille en effet de tremper l'animal « dans l'huile », puis « dans l'eau », pour en faire « un escargot tout chaud. ». En réalité, il s'agit encore une fois d'une prophétie. Récemment, en août 2014, le président américain Obama a reconnu que son pays avait « torturé des gens » après les attentats du 11 septembre. De l'huile et de l'eau ont assurément été utilisés dans ce processus. Une souris verte l'avait encore une fois prédit. Et l'objectif de cette cruauté envers les animaux, envers la souris verte dans le cas présent, a pour objectif d'en faire « un escargot tout chaud ». Autrement dit, d'en faire un animal inoffensif, paresseux et repérable sur l'herbe verte. La question qui sort en creux est la suivante : la justice doit-elle être masochiste ? Une souris verte est donc en ce sens bien plus qu'un texte prophétique, puisque également philosophique. La question n'est pas hyperbolique dans la mesure où elle s'est posée pour la "justice" américaine.

green_mouse.jpg

Attention aux souris vertes, qui se fondent facilement dans le paysage 

 

Je la mets dans un tiroir 
Elle me dit qu’il fait trop noir.

Je la mets dans mon chapeau
Elle me dit qu’il fait trop chaud. 

 

Et puis, comme si le « je » était en rébellion face à une justice appliquant la loi du Talion, il prend ses propres initiatives. C'est ainsi que « je » la met « dans un tiroir », puis dans « [s]on chapeau », puis dans « [s]a culotte ». Le « je » agit différemment de la justice, il veut surtout isoler la souris verte. La rendre inoffensive non pas par une quelconque métamorphose mais par l'isolement. Toutefois, le texte montre un autre défaut de la justice française puisque ce nouveau juge semble faire un peu trop attention au confort du détenu. « Elle me dit qu'il fait trop noir,/ Je le mets dans mon chapeau/ Elle me dit qu'il fait trop chaud./Je la mets dans ma culotte. » Le texte critique d'un côté le laxisme de la justice française actuelle, de l'autre l'application secrète de la loi du Talion. Or la justice est la plus grande des vertus selon le philosophe Aristote, elle doit donc être un juste milieu. Notons toutefois le symbolisme de mettre la souris sous le chapeau : le fait de lui faire porter le chapeau revient à dire lui faire endosser la culpabilité, essayer de changer l'animal. La transformation envisagée n'est plus métamorphique mais psychologique. A défaut d'en faire un escargot, on en change totalement le comportement.


Je la mets dans ma culotte 
Elle me fait trois petites crottes.

 

Malgré les deux formes de justice proposées par Une souris verte (l'isolement et la torture), les deux derniers vers semblent nous mettre en garde. Et l'aspect prophétique du texte fait qu'il faut prendre cette menace au sérieux. En effet, le « Je » répond à toutes les demandes de la souris terroriste et il finit par la mettre dans sa « culotte ». Il sait donc où elle situe, à chaque instant, mais en même temps elle peut agir sur la zone la plus sensible de son corps. La métaphore avec les prisons est assez évidente. Il est dangereux de placer les souris terroristes dans les zones sensibles des prisons. Elles peuvent ainsi toucher les organes de la société. C'est ainsi que dans la chanson, la souris « fait trois petites crottes », dernier acte terroriste qu'il lui est possible de réaliser. A trop de laxisme dans la justice, la menace ne se résorbe pas. Voici une moralité possible de cette fin de texte. A moins qu'il ne s'agisse de l'ultime prophétie... ? Que faut-il voir dans ses « trois petites crottes » ? L'avenir nous le dira...

 

 

Prophétique, philosophique, didactique : ce sont les trois adjectifs qui pourraient définir le texte d'Une souris verte. Derrière la première lecture surréaliste se cachent donc des thèmes majeurs de notre époque. Non, Une souris verte n'est définitivement pas une comptine pour enfants mais un texte à la frontière du sacré, écrit par un prophète inconnu, qu'il convient d'analyser et d'étudier avec le même sérieux que les écrits de Nostradamus. Et ça, personne ne l'avait prédit...

(Version légèrement différente)

 

Le jargon :

Sibyllin: Ce qui est mystérieux ou obscur, dont le sens est difficile à comprendre.

              : Synonyme d'invisible



10/02/2015
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